Valorisé par la société pour avoir installé des latrines

Actualisé - Mardi 15 Décembre 2009

L'histoire de Didar montre comment l'assainissement peut être une source d’emploi socialement payante, en offrant une place dans la société pour améliorer la qualité de vie et de santé des personnes.
Agé de seize ans, Didar vivait dans le village de Kacharikandi Moshajan au Bangladesh depuis son enfance. Son père a été condamné à la prison alors que Didar n’avait que trois ans et continue à purger sa peine. Sa mère est travailleuse journalière et la famille entière vit de son revenu. Avec si peu d'argent, Didar n’est jamais allé à l'école. Il y avait peu d'occasions d’emploi et il était frustré de ne pouvoir se prendre en charge.
Depuis 2006, l'équipe de l’ONG nationale Unnayan Shahojogy (UST) effectuait des activités sur l’eau et l'assainissement dans l'Union de Gopalpur de Zanjira Upazila, avec la collaboration des membres de l’Union de Parishad (UP).

L’objectif est d'assurer des infrastructures d'eau potable, d’hygiène, d'assainissement et d'éducation à l'hygiène à tous les villageois. Quand Didar a découvert ces activités, il a demandé au Président de l’UP de l'employer.
Le Président de l’UP a informé Didar des conséquences des latrines insalubres et du manque d'hygiène. Il lui a dit que le village de Kachari Kandi est bien loin d’une couverture totale en assainissement. En fait, 30 familles ne disposaient pas de latrines et 56 latrines existantes n'avaient pas de bouchons d’eau. Les mauvaises installations affectaient tous les jours l'environnement et la santé des villageois. Les bouchons d’eau devaient être installés dans ces latrines pour créer un cadre de vie plus sûr et plus sain pour le village.
Après cette conversation, le Président a décidé d'employer Didar pour installer des bouchons d’eau dans les latrines. Le prix de l’installation de l’unité par ménage est de 20 takas (0,19 euros). Le personnel de l’UST a formé Didar et il a commencé à installer des latrines à bouchons d’eau. Son revenu quotidien est maintenant de 100 à 120 takas (0,99 à 1,19 euros). Il a installé 30 bouchons d’eau dans les latrines insalubres et 35 nouvelles latrines hygiéniques avec des bouchons dans le village. Le village a maintenant une couverture de 100% en assainissement. Le plus important, c’est que Didar se prend maintenant en charge, puisque tout le monde vient à lui en cas de problèmes liés à l'installation de latrines hygiéniques ou de bouchons d’eau. Actuellement, il se déplace de village en village, dans le cadre de ses activités et contribue à la couverture totale en assainissement dans la région.

Didar fait part de ses impressions : "à présent, je suis libéré de la malédiction de la pauvreté, de même que du chômage. Je suis heureux de constater que mes activités contribuent à atteindre la cible de la couverture totale en assainissement. Au début, je me sentais très timide face à ce travail, mais maintenant, je suis fier de constater que la société me valorise pendant la consultation et l'installation des latrines. Je suis très reconnaissant à l’UST et à son président pour leur coopération. A présent, j’économise de l’argent pour ma famille et pour bâtir un meilleur avenir.”

Par Kausik Das, PNUD Bangladesh, (kausik_urp@yahoo.com) ou (kausik.das@undp.org).


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