Qu’est-ce que l’assainissement autonome? Description de quelques latrines dans l’assainissement autonome
Actualisé - jeudi 03 novembre 2005
Faq sur l’assainissement autonome, écrit par CREPA, Burkina Faso
Introduction
La problématique de la qualité de vie, notamment celle de la pollution, plus qu’un refrain de mode, se présente par-dessus tout, comme une mise à l’épreuve de la dignité humaine.
Depuis son existence, l’homme, par ses activités, ne cesse de produire des déchets solides, liquides et gazeux qui, lorsque mal gérés, détériorent son cadre de vie et bouleversent les équilibres écologiques.
Afin de contenir la diffusion de certains types de polluants, des technologies à usage communautaire et individuel, influencées par des facteurs culturels, économiques, institutionnels et politiques, sont développées et vulgarisées à travers le monde.
Dans le domaine de la gestion des eaux usées et excréta, les technologies sont multiples et variées. Certains satisfont aux besoins en assainissement collectif, d’autres répondent à ceux de l’assainissement autonome, objet de la présente étude.
Ainsi sera-t-il décrit dans les lignes qui suivent le concept d’assainissement autonome suivi par la description de certains types de latrines.
Qu’est-ce que l’assainissement autonome ?
1. Qu’est-ce que l’assainissement ?
Action d’assainir, l’assainissement concerne aussi bien la gestion des eaux usées et excréta que celle des eaux pluviales, déchets solides et industriels. (6)
C’est l’ensemble des stratégies utilisées par des habitants, responsables officiels ou non, pour pallier les problèmes posés par les excréta, les déchets solides et industriels et par la circulation d’eau excluant la production et la distribution d’eau potable. (6)
Il est constitué de deux volets essentiels ; à savoir : le volet assainissement collectif, qui est le type réalisé pour une exploitation à grande échelle sur la base d’étude de faisabilité technique et économique surtout (réseaux d’égout, réseaux d’eaux pluviales, etc.) et le volet assainissement autonome.
2. Le concept d’assainissement autonome
a. Définition
Se présentant comme une alternative, l’assainissement autonome est l’ensemble des dispositifs à mettre en œuvre pour le traitement et l’élimination des eaux usées domestiques qui ne peuvent être évacuées par un système d’assainissement collectif en raison de la faible densité des habitants (guide technique de l’assainissement).
b. Caractéristiques de l’assainissement autonome
L’autonomie de l’assainissement autonome concerne implicitement le fonctionnement de la technique (épuration des eaux), mais s’applique aussi à sa conception, à son financement, à sa mise en œuvre et son entretien. (6)
Par son autonomie ainsi définie, l’assainissement autonome est souvent opposé à l’assainissement collectif, bien que la limite entre les deux systèmes ne soit pas toujours forcément bien identifiée.
Dans ce contexte, on parle:
- d’assainissement autonome individuel (ou d’assainissement non collectif) quand il s’agit de l’assainissement d’une maison individuelle qui utilise souvent le sol comme élément épurateur (puisards, certaines latrines, etc.) ;
- d’assainissement autonome groupé (ou d’assainissement semi-collectif) quand il s’agit de plusieurs habitations individuelles drainées par un réseau aboutissant à un système d’épuration, ou quand il s’agit de bâtiments collectifs ou de petites collectivités ; l’assainissement groupé n’utilise pas toujours le sol comme élément épurateur (le lagunage, le lit bactérien, la boue activée comme exemples de systèmes d’épuration en bout de chaîne) .
Cette classification est elle-même caractérisée par des bornes nécessairement floues.
Les latrines dans l’assainissement autonome
1. Définition d’une latrine
C’est un lieu ou une construction, situé normalement à l’extérieur d’une habitation ou de tout autre bâtiment, destiné à recevoir et emmagasiner des excréta et quelquefois à en assurer le traitement. La latrine est le système d’assainissement le plus utilisé dans le monde. (6)
Différents types de latrines appropriées sont utilisées dans le cadre de l’assainissement autonome. Ce type d’assainissement protège les espèces sensibles de la faune aquatique en évitant les phénomènes de concentration des rejets dans les petits cours d’eau. Aussi il est moins coûteux que l’assainissement collectif, puisqu’il rend caduque la construction des stations d’épuration. Lorsqu’un (1) gramme de matière fécale peu contenir 10 millions de virus, 1 million de bactéries, 1 millier de kystes de parasite et une centaine d’œufs de vers, il va s’en doute dire qu’il faut trouver un système allant du stockage à l’élimination des excréta.
2. Description de quelques types de latrines
Il existe plusieurs types de latrines dont certaines sont adaptées et vulgarisées par des institutions comme le CREPA, dans le but d’amélioration les conditions de vie des populations et de résoudre les besoins en assainissement dans les pays en développement. Les systèmes d’égout conventionnels dont le fonctionnement est basé sur l’eau out prouvé leur incapacité à résoudre les besoins en assainissement dans ces pays. Les technologies d’assainissement les plus communément utilisées aujourd’hui sont les toilettes à fosse et les toilettes à chasse d’eau (7).
a. La latrine à simple fosse ou latrine traditionnelle (2)
Il s’agit d’une simple planche ou dalle posée en travers d’une fosse de 2 m ou plus de profondeur. Le support doit s’appuyer sur un rebord suffisamment étanche pour que l’eau de surface ne rentre pas dans la fosse. Si les parois de la fosse risquent de s’ébouler, il faut un revêtement de protection. Toutefois, les joints verticaux seront laissés ouverts pour permettre l’infiltration des liquides dans le sol. Les excréments tombent directement dans la fosse par un simple trou à la turque ou un siège. C’est une simple fosse recouverte d’une dalle possédant un trou de défécation. Une cabine assurant l’intimité est nécessaire.
Avantages
- Ne coûte relativement pas cher
- Réalisable par l’usager (surtout en milieu rural)
- N’a pas besoin d’eau pour fonctionner
- Facile à entretenir
Inconvénients
- Nuisance considérable à cause des mouches, insectes (et moustique si la fosse est humide)
- Mauvaises odeurs
b. La latrine améliorée à fosse ventilée (VIP) (2)
Elles sont appelées également latrines améliorées à fosse auto-ventilée (LAA). Le principe est d'éliminer ou de diminuer les nuisances (odeurs et mouches) qui entravent l'usage des latrines traditionnelles en prévoyant un tuyau vertical de ventilation appelé évent. Ce dernier est muni à son sommet d'un grillage anti mouches. Le vent qui balaie le sommet du tuyau provoque un courant d'air ascendant entre la fosse et l'atmosphère extérieure et un courant d'air descendant entre la superstructure et la fosse à travers le trou de défécation.
Ce sont des latrines dont on ventile l’intérieur de la fosse à l’aide d’un tuyau débouchant au dessus du toit.
Avantages
- Relativement bon marché
- Réalisable par l’usager
- N’a pas besoin d’eau pour fonctionner
- Facile à entretenir
- Pas d’odeur et pas de mouches
- Reçoit tout matériau de nettoyage anal (solide comme liquide)
Inconvénients
- Obscurité indispensable à l’intérieur de la cabine pour lutter contre les mouches
- Fonctionne bien lorsqu’elle est convenablement orientée au vent.
- Aucun obstacle (arbre et bâtiment) environnant ne doit dépasser la cheminée de ventilation.
Il existe deux types de ces latrines que sont : les latrines VIP à fosse unique et les latrines VIP à double fosses ou multiples.
c. Les toilettes à chasse manuelle (TCM) (2)
Une TCM se compose d’une cuvette et d’un siphon installés dans une superstructure ou cabine. Le syphon est relié à une fosse à l’aide d’une conduite. Dans certains cas, on peut installer sur la latrine un siphon, qui constitue un joint d’étanchéité, et don on chasse les excréments par une quantité d’eau suffisante pour expulser les solides dans la fosse et rétablir le niveau du siphon. Ce siphon empêche les mouches, les moustiques et les odeurs de remonter de la fosse vers la cabine. La fosse peut être décalée de la cuvette au moyen d’un bout de tuyau ou d’une rigole couverte qui les relie l’une à l’autre. La cuvette d’une latrine à chasse d’eau est posée sur le sol au dessus du siphon pour recevoir les urines en offrant les conditions minimales d’hygiène et de propreté. Pour ces types de latrines la fosse peut être déportée ou non.
Avantages
- Relativement bon marché
- Pas d’odeur, ni mouches et moustiques
- Agréable à utiliser
- Peut être améliorée par un raccordement
- au réseau d’égouts au moment opportun
- 2 – 3 litres d’eau suffisent pour une chasse
Inconvénients
- Nécessité d’une bonne source d’eau
- Usage des produits solides pour le nettoyage anal est déconseillé (sauf papier)
Tout comme les VIP il existe des TCM à fosse unique et à double fosse ou multiples.
d. Les latrines ECOSAN (assainissement écologique) (7)
Latrine permettant la valorisation des déchets par la séparation des urines et des excréments en vue de leur reutilisation pour la fertilisation des sols dans l’agriculture. (Réintroduction des nutriments dans le sols tels que : azote, phosphore et potassium).
La variété des systèmes d’éco-assainissement disponibles permet, dans la plupart des cas, d’en trouver qui soit culturellement acceptable. L’accessibilité du coût est relative et, si certains systèmes sont sophistiqués et onéreux, d’autres sont simples et peu coûteux. Il y a souvent un compromis à trouver entre le coût et le fonctionnement : les solutions les moins chères impliquent davantage de manipulations et d’entretien du système d’assainissement. Avec des systèmes plus chers, la manipulation et l’entretien peuvent être réduits. Ces latrines ont été mises au point dans le soucis de préserver l’environnement et de valoriser les produits de vidange issus de ces latrines.
Elles est constituée d’une fosse construite au dessus du sol. La fosse est couverte par une dalle surmontée d’une cabine. La fosse est ventilée comme le cas des VIP mais son volume est plus réduit à cause de la durée de remplissage calculée sur moins d’un an. Un stockage de cendre à l’intérieur de la cabine (dans un récipient) est conseillé pour en ajouter aux excréments après chaque usage. Un autre réservoir placé à l’extérieur sert à stocker les urines.
Avantages
- Valorisation des urines et des produits de vidange
- Ne pollue pas les eaux souterraines
- Très hygiénique
- Facile à entretenir
- Pas besoin d’eau pour le fonctionnement
Inconvénients
- Supplément de fonds pour l’acquisition des fûts pour le stockage d’urines
- N’accepte pas d’eau pour le nettoyage anal
- Ajout de la centre à chaque utilisation
- Fosse surélevée nécessitant des escaliers pour y accéder
Outre ces latrines décrites plus haut, il existe d’autres non moins connues qui présentent également des avantages et des inconvénients. Ce sont : les feuillets ; la latrine à trou foré, la latrine à compost, la latrine à fosse septique, le cabinet à eau, etc., (2).
Pour de plus amples informations, consulter le site Web: http://www.oieau.fr/ReFEA/module3b.html .
Par ailleurs, il est important de savoir que le choix de la latrine adéquate s’appuie sur une série d’études portant sur tout facteurs pouvant influencer l’efficacité du fonctionnement d’une latrines.
Pour ce faire, des institutions spécialisées comme le CREPA sont habilitées à vous accompagner dans ce sens.
Références
[1] Wagner, E.G.; Lanoir, J.N.
Evacuation des excréta dans les zones rurales et les petites agglomérations.- Genève (CH): OMS, 1960.- 196 p. - 46 réf. - SERIE : OMS, Série de monographies, N° 39
La présente étude qui traite de l'évacuation des excréta dans les zones rurales et les petites agglomérations met l'accent sur les différents types de latrines, les systèmes à entraînement par l'eau et les programmes d'évacuation des excréta dans les zones rurales. En annexe de l'étude il est fait mention de la formation professionnelle et technique du personnel des services de salubrité publique et de la liste des experts ayant examiné le texte préliminaire. L'objectif fondamental de cette étude est de promouvoir l'aménagement d'installations rurales d'évacuation des excréta dans chaque famille.
[2] Franceys, R.; Pickford, J.; Reed, R.
Guide de l'assainissement individuel.- Genève (CH): OMS, 1995.- 258 p. - réf. - ISBN : 92-4-25443-4
Le présent ouvrage expose de façon approfondie la conception, les techniques de construction, l'exploitation et l'entretien des principaux types d'installations d'assainissement individuel, de la simple latrines à la fosse au cabinet et fosse septique, et cela avec un grand nombre d'exemples concrets. La mise en place d'un système d'assainissement individuel implique bien davantage que la simple mise en oeuvre d'un certain nombre de techniques, les auteurs se sont attachés à décrire en détail le processus de planification et de développement, ainsi que les aspects financiers et institutionnels qui doivent être pris en considération. Ils insistent tout particulièrement sur la nécessité de faire participer la communauté à tous les stades du projet, depuis la planification jusqu'à l'évaluation et d'adapter les projets et programmes aux conditions locales tout en continuant d'apporter un appui à la communauté, une fois l'installation en place.
[3] CREPA/Centre Regional Pour L'eau Potable Et L'assainissement A Faible Coût/Ouagadougou/BF
Fiches techniques des ouvrages d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement (AEPA).- Ouagadougou (BF): CREPA, 1996.- 84 p. - ill., tabl. - SERIE : Document technique, N° 2
Le CREPA a pour ambition, la création et la promotion des technologies appropriées d'eau et d'assainissement adaptées aux conditions socio-économiques et culturelles des pays membres du pôle de l'eau. Il a réalisé des ouvrages comme les latrines améliorées à fosses ventilées, les citernes de captage des eaux de pluie, les dispositifs de lave-mains et beaucoup d'autres à travers le Burkina Faso et avec succès. Ce manuel est donc une compilation des fiches techniques des ouvrages qui véhicule des informations exactes et suffisantes pour faciliter la réalisation et la vulgarisation des dits ouvrages qui ont fait preuve de bon fonctionnement.
[4] CREPA/Centre Regional Pour L'eau Potable Et L'assainissement A Faible Coût/Ouagadougou/BF
Manuel sur la construction, l'entretien et l'exploitation des toilettes à chasse manuelle (TCM) type dagnoin.- Ouagadougou (BF): CREPA, 1994.- 33 p. - ill.
Ce manuel de construction, d'entretien du dispositif de poste d'eau potable (PEP)s'inscrit dans le cadre d'un programme conjoint OMS-CREPA orienté vers la promotion de l'hygiène des populations à faible revenu. Il énumère les éléments constitutifs du dispositif et sa réalisation.
[5] Assainissement : latrines OIEau/CREPA [web site]. Visiter le 17 novembre 2003, des liens World Wide Web: http://www.oieau.fr/ReFEA/module3b.html
Ce site donne des informations sur : la présentation générale, la conception, la construction, le dimensionnement de la fosse, l’exploitation, etc., des latrines. Vous y trouverez des rubriques telles que : foires aux questions, tester vos connaissances, des bibliographies, et d’autres technologies à faible coût.
[6] Chocat, B.
Encyclopédie de l'hydrologie urbaine et de l'assainissement.- Paris (FR): Lavoisier Tec et Doc, 1997.- 112 p. - ill., tabl., graph. - ISBN : 2-7430-0126-7
Cet ouvrage contient de multiples termes spécifiques relatifs aux domaines de l'hydrologie urbaine et de l'assainissement. Des systèmes d'assainissement en passant par les stations d'épuration, aux méthodes d'évacuation des eaux pluviales on y trouve presque tout.
[7] Esrey, S.A.; Gough, J.; Rapaport, D.
Ecological sanitation = Assainissement écologique.- Stockholm (SE): SIDA, 1998.- 92 p. - ill. - ISBN : 9158676120
Ce document traite de la question de l'assainissement en rapport avec l'écologie. L'assainissement autonome figure en bonne place et les déchets humains (excréta et urine)ont été analysés et prouvés pour leur utilisation sans risque dans le milieu écologique, sitôt que les techniques soient maîtrisées.
Personne-ressource
- Cheick Tidiane TANDIA, Directeur Général du CREPA, 03 BP 7112 Ouagadougou 03 Tél.: 00 226 36 62 10 ou 36 62 11 Fax : 00 226 36 62 08 e-mail : crepa@fasonet.bf
- Karim SAWADOGO, Technicien supérieur au CREPA, 03 BP 7112 Ouagadougou 03 Tél.: 00 226 36 62 10 ou 36 62 11 Fax : 00 226 36 62 08 e-mail : crepa@fasonet.bf
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Ecrit le: novembre 2003
Révisé le: juin 2004
Auteur: Cheick Tidiane TANDIA, Directeur Général du CREPA, mailto:crepa@fasonet.bf
Organisation: Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût (CREPA), Burkina Faso
Revu par : Trea Christoffers, IRC
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